Apprendre à apprendre,  Apprendre les bases,  méthode,  Méthodologie : se motiver et étudier

Les choses que je n’osais pas faire quand j’étais étudiante (alors qu’avec le recul, j’aurais dû)

En repensant à mes débuts pour apprendre l’espagnol, je me rends compte que certaines erreurs m’ont fait perdre beaucoup de temps. Je me revois encore assise dans un amphithéâtre. La prof pose une question. Je connais la réponse. Enfin… je crois.

Je pourrais lever la main.

Je ne le fais pas.

Pourquoi ? Parce qu’une petite voix dans ma tête me souffle : « Et si tu te trompais ? »

Alors je baisse les yeux.

Quelques secondes plus tard, un autre étudiant répond exactement ce que j’avais en tête. À chaque fois, je ressentais le même mélange de soulagement… et de frustration.

Cette scène, je pourrais la raconter des dizaines de fois. En repensant à mes débuts pour apprendre l’espagnol, je me rends compte que certaines erreurs m’ont fait perdre beaucoup de temps.

Et je suis prête à parier que toi aussi, tu t’es déjà retrouvé dans une situation similaire.

Pas forcément à l’université.

Peut-être pendant un cours d’espagnol.

Ou alors en voyage.

Peut-être face à un serveur, un collègue ou un correspondant espagnol.

Tu connais les mots.

Tu sais à peu près comment construire la phrase.

Mais tu n’oses pas.

Avec le recul, je me rends compte que ce ne sont pas les erreurs qui m’ont fait perdre le plus de temps pour apprendre l’espagnol. Ce sont toutes les fois où je me suis empêchée d’essayer. Si je pouvais revenir en arrière et discuter avec l’étudiante que j’étais, voilà ce que je lui dirais.

Et, qui sait, peut-être que ces conseils te seront utiles à toi aussi.

Étudiante qui hésite à prendre la parole pendant un cours d'espagnol

Pendant longtemps, j’ai cru qu’il fallait attendre d’être prête.

  • Attendre d’avoir davantage de vocabulaire.
  • Attendre de mieux maîtriser la grammaire.
  • Attendre de faire moins de fautes.

Bref… attendre.

Le problème, c’est que ce fameux moment n’arrive jamais vraiment.

Parce qu’à chaque nouveau niveau, on découvre de nouvelles difficultés. Alors, on se fixe de nouveaux objectifs. Et on repousse encore un peu le moment où l’on ose parler.

Aujourd’hui, avec presque vingt ans d’enseignement derrière moi, je peux te dire une chose. Les apprenants qui progressent le plus vite ne sont pas toujours ceux qui connaissent le plus de règles. Ce sont souvent ceux qui acceptent de parler… malgré leurs hésitations.

Ils cherchent leurs mots.

Et ils font quelques erreurs.

Puis ils reformulent.

Et ils demandent de répéter.

C’est justement grâce à cela qu’ils progressent.

Je parlerais dès le début.

Même avec cinquante mots de vocabulaire.

Malgré des phrases imparfaites.

Parce que parler n’est pas la récompense d’un bon niveau.

Parler est l’un des moyens d’y arriver.

Si tu repousses sans cesse le moment de parler parce que tu as peur de ne pas être prêt, sache que tu es loin d’être seul. C’est même l’une des questions que l’on me pose le plus souvent. J’y réponds plus en détail dans un article consacré aux doutes les plus fréquents des apprenants.

Apprenant qui ose parler espagnol malgré ses erreurs

Je me souviens très bien de cette sensation.

Lire une page.

Tomber sur un mot inconnu.

Ouvrir le dictionnaire.

Revenir au texte.

Deux lignes plus loin…

Recommencer.

Au bout de dix minutes, j’avais parfois oublié le début de ce que j’étais en train de lire.

Aujourd’hui, je souris en repensant à cette méthode. Parce qu’elle était épuisante. Et surtout, elle n’était pas très efficace.

Pendant longtemps, j’ai confondu deux choses :

Comprendre un texte.

Et comprendre chacun des mots qui le composent.

Ce n’est pas la même chose. Lorsque l’on commence à apprendre l’espagnol, on pense souvent qu’il faut tout comprendre. En réalité, c’est rarement nécessaire.

D’ailleurs, lorsque je conseille des ressources à mes apprenants, je leur donne toujours la même règle. Choisis un contenu dont tu comprends environ 80 %. Si tu comprends seulement un mot sur dix, tu risques de te décourager. Si tu comprends tout, ton cerveau n’apprend presque plus rien.

C’est souvent entre les deux que la progression se fait. D’ailleurs, cette logique des 80 % fonctionne aussi pour le vocabulaire. Avant d’apprendre des centaines de mots rares, mieux vaut maîtriser ceux que les hispanophones utilisent tous les jours. C’est exactement l’objectif de mon article consacré aux 100 mots les plus fréquents en espagnol.

Je laisserais davantage de place au contexte. J’accepterais de continuer ma lecture même lorsqu’un mot m’échappe. Et je réserverais le dictionnaire aux mots qui reviennent souvent ou qui empêchent réellement de comprendre le sens général. J’aurais gagné un temps fou.

Pendant longtemps, mon cerveau fonctionnait toujours de la même manière. D’abord le français. Ensuite la traduction. Enfin l’espagnol.

Autant te dire que, dans une conversation, ce détour était beaucoup trop long. Pendant que je construisais mentalement ma phrase, les autres avaient déjà changé de sujet. Autant dire que je répondais parfois… à la conversation précédente. 😅

Le plus étonnant, c’est que je retrouve encore aujourd’hui ce réflexe chez beaucoup de francophones.

C’est normal.

Notre cerveau cherche naturellement à s’appuyer sur ce qu’il connaît déjà. Le problème, c’est qu’à partir d’un certain niveau, cette stratégie devient plus un frein qu’une aide. Les langues ne découpent pas toujours la réalité de la même manière.

Certaines idées s’expriment différemment. D’autres structures n’existent tout simplement pas.

Vouloir tout traduire mot à mot finit donc par compliquer ce qui pourrait rester simple.

Petit à petit, sans même m’en rendre compte, j’ai commencé à faire autrement. À associer directement une idée à une expression espagnole. À penser à une situation plutôt qu’à une traduction.

Ce changement ne s’est pas fait en une semaine. Mais il a complètement changé ma façon de parler.

Au lieu de chercher immédiatement l’équivalent français d’un mot ou d’une expression, j’essaierais d’abord de comprendre ce qu’il signifie dans son contexte. Je regarderais plusieurs exemples. Je créerais une image mentale.

Et je laisserais mon cerveau faire peu à peu le lien… sans passer systématiquement par le français.

D’ailleurs, si cette question t’intéresse, j’ai consacré un article entier à la traduction et aux raisons pour lesquelles elle peut devenir un frein lorsqu’on apprend une langue. Tu verras que quelques petits changements de méthode suffisent souvent à gagner en fluidité.

Accumuler trop de ressources pour apprendre l'espagnol

Je ne sais pas si toi aussi tu fais ça, mais moi, j’ai longtemps été persuadée qu’une nouvelle ressource allait résoudre tous mes problèmes.

Un nouveau manuel.

La méthode qui allait enfin tout débloquer.

Ou encore un cahier tout neuf.

Puis Internet est arrivé.

Alors se sont ajoutés les podcasts, les vidéos YouTube, les applications, les comptes Instagram, les newsletters… Chaque fois, je me disais : « Cette fois, c’est la bonne. »

En réalité, je passais parfois plus de temps à chercher LA ressource idéale qu’à apprendre.

Aujourd’hui, je retrouve très souvent ce comportement chez mes apprenants.

Ils ont plusieurs applications sur leur téléphone.

Trois ou quatre livres qui prennent la poussière.

Des dizaines d’onglets ouverts dans leur navigateur.

Et surtout, cette impression désagréable de travailler beaucoup… sans vraiment avancer.

Avec le recul, je crois que le problème n’était pas le manque de ressources.

C’était plutôt l’excès de ressources. Au fond, apprendre l’espagnol demande moins d’accumuler que de faire des choix.

Je choisirais beaucoup moins d’outils. En revanche, je les utiliserais jusqu’au bout. Je préfère aujourd’hui une méthode simple que l’on suit régulièrement plutôt que dix ressources excellentes que l’on ouvre une fois par mois.

D’ailleurs, c’est exactement pour répondre à ce problème que j’ai créé mon pack Espagnol simple et pratique. Pendant des années, j’ai vu des apprenants s’éparpiller entre une multitude de supports. J’ai voulu rassembler dans une seule ressource tout ce qui me semblait vraiment utile, dans un ordre logique, pour éviter cette dispersion qui fait perdre énormément de temps.

Lorsque j’étais étudiante, je n’aimais pas lever la main. Pas parce que je n’avais pas de questions. Au contraire. J’en avais plein. Mais je me disais souvent :

« Je suis sûrement la seule à ne pas avoir compris. »

Ou :

« La question est peut-être ridicule. »

Alors je me taisais. Avec le recul, je me rends compte d’une chose amusante. Les questions que je n’osais pas poser étaient souvent celles que plusieurs autres étudiants se posaient aussi. Aujourd’hui encore, je reçois régulièrement des messages qui commencent par : « Désolée de te déranger… J’ai une question un peu bête… »

Je souris toujours en lisant cette phrase. Parce que, jusqu’à présent, je n’ai encore jamais reçu de question « bête ». J’ai simplement reçu des questions que beaucoup d’autres personnes n’osaient pas poser.

Étudiant qui ose poser une question pendant un cours

Je lèverais beaucoup plus souvent la main. Si quelque chose m’échappait, je demanderais de répéter. Et je n’hésiterais pas à réclamer une explication supplémentaire. Surtout, je prendrais le temps de vérifier que j’ai bien compris.

Poser une question ne ralentit pas ton apprentissage. Très souvent, c’est exactement l’inverse.

S’il y a une chose que j’aimerais dire à l’étudiante que j’étais, c’est probablement celle-ci.Arrête de voir l’espagnol comme une montagne à gravir. Regarde plutôt le chemin.

Quand j’étais étudiante, je pensais qu’apprendre une langue consistait surtout à atteindre un niveau.

Puis un autre.

Et encore un autre.

Comme si le bonheur se trouvait uniquement au sommet.

Aujourd’hui, je me rends compte que ce qui me fait aimer les langues (et pas seulement d’espagnol) n’a finalement pas grand-chose à voir avec un niveau. J’aime découvrir une expression que je n’avais jamais entendue. Comprendre enfin une blague. Lire un article sans avoir besoin de sortir le dictionnaire. Écouter un podcast en me laissant simplement porter par la conversation. Ou échanger avec quelqu’un sans réfléchir à chaque mot.

Ce sont toutes ces petites victoires qui donnent envie de continuer.

Avec le recul, je crois que j’ai commencé à progresser beaucoup plus vite le jour où j’ai arrêté d’apprendre uniquement pour atteindre un objectif. J’ai commencé à apprendre parce que j’aimais ça.

Apprenante qui prend plaisir à apprendre l'espagnol au quotidien

Je me fixerais des objectifs, bien sûr. Mais je chercherais surtout à apprécier le chemin. Parce que la motivation finit toujours par baisser. Le plaisir, lui, donne envie de revenir le lendemain.

Si je pouvais vraiment discuter quelques minutes avec la jeune étudiante que j’étais, je ne lui parlerais probablement ni de grammaire, ni de conjugaison. Je lui dirais simplement : « Ose davantage. Tu apprendras beaucoup plus vite en essayant qu’en attendant d’être parfaite. »

Et finalement, c’est exactement le message que j’avais envie de te transmettre aujourd’hui.

Peut-être que tu t’es reconnu dans certaines de mes erreurs.

Ou alors que tu en fais d’autres.

Dans tous les cas, rappelle-toi une chose : apprendre une langue n’a jamais consisté à ne plus faire de fautes. Il s’agit surtout d’oser les faire… puis d’avancer. Si cet article peut t’aider à apprendre l’espagnol avec un peu plus de sérénité, alors il aura déjà rempli son objectif.

J’aimerais beaucoup savoir si tu t’es reconnu dans l’un de ces points. Ou, au contraire, s’il y a une chose que tu faisais lorsque tu as commencé à apprendre l’espagnol et que tu referais aujourd’hui différemment. Je te laisse m’écrire tes remarques, questions ou même ta propre expérience en commentaires. ⤵ Tu peux également retrouver d’autres contenus sur Instagram ou sur la page Facebook du Blog.

Si cet article t’a plu et que tu penses qu’il peut être utile à quelqu’un d’autre, n’hésite pas à le partager. Il y a de fortes chances qu’il se reconnaisse, lui aussi, dans au moins une de ces situations. Et on se retrouve très prochainement avec d’autres contenus pour progresser facilement en espagnol depuis chez toi. En attendant, n’oublie pas de passer à l’action… parce que c’est là que tout commence.

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Professeur agrégée d'espagnol, je partage ici des ressources utiles, pratiques et ludiques pour apprendre l’espagnol, améliorer votre niveau, et découvrir les cultures et curiosités hispanophones. !

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