
Ces choses polies en français… qui paraissent étranges en espagnol
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Il y a quelques années, j’ai assisté à une scène qui m’a beaucoup fait réfléchir sur les différences culturelles espagnol français. Un francophone, adorable au demeurant, discutait avec une Espagnole dans un contexte totalement banal. Et plus la conversation avançait… plus quelque chose devenait étrange. Il était poli. Très poli même. Il disait :
- “excusez-moi”
- “merci beaucoup”
- “je ne voudrais pas déranger”
- “si cela ne vous embête pas…”
Le problème ?
On sentait que la conversation devenait de plus en plus rigide. Comme si chacun jouait une partition différente sans s’en rendre compte. Et pourtant, grammaticalement, son espagnol était excellent. C’est ça qui est fascinant quand on apprend une langue : parfois, les vrais malentendus ne viennent pas des fautes de conjugaison. Ils viennent des codes invisibles. De ce qu’on considère :
- chaleureux,
- poli,
- naturel,
- respectueux,
- spontané.
Parce qu’une langue, ce n’est pas seulement des mots. C’est une manière d’entrer en relation avec les autres. Et quand on parle espagnol avec des réflexes très français… certaines interactions peuvent devenir étonnamment “bizarres” sans qu’on comprenne vraiment pourquoi 😄
Alors aujourd’hui, j’ai envie de te montrer quelques faux pas culturels très fréquents chez les francophones… pour t’aider à parler un espagnol plus naturel, plus vivant, et surtout plus connecté à la réalité des échanges.
“Excusez-moi de vous déranger…” : quand la politesse française devient excessive en espagnol
Imagine la scène.
Tu entres dans une boutique en Espagne.
Tu cherches quelque chose.
Et, en bon Français bien élevé, tu lances :
“Bonjour, excusez-moi de vous déranger, je voulais juste savoir si éventuellement vous auriez…”
Dit comme ça, ça semble parfaitement normal, non ?
Sauf qu’en espagnol, ce type d’entrée en matière peut parfois sembler… extrêmement formel. Voire un peu étrange.
En Espagne, la communication est souvent plus directe, plus simple, plus immédiate.

On entendra davantage :
“Hola, una pregunta.”
“Perdona, ¿dónde está…?”
“Oye, ¿tienes…?”
Et attention : direct ne veut pas dire impoli.
C’est là que beaucoup de francophones se trompent.
En français, la politesse passe souvent par :
- l’atténuation,
- les précautions,
- le fait de “prendre le moins de place possible”.
On s’excuse presque d’exister 😄
En espagnol, surtout en Espagne, la politesse fonctionne différemment. On peut être chaleureux, souriant et respectueux… tout en allant droit au sujet.
Et très honnêtement, beaucoup de francophones paraissent tendus,hésitants, trop cérémonieux, (voire peu naturels), simplement parce qu’ils essaient de “trop bien faire”.
J’ai déjà vu des apprenants construire des phrases interminables pour demander quelque chose de très simple… alors qu’un Espagnol aurait réglé la situation en cinq mots et un sourire. Et ça, c’est un vrai déclic à avoir : la fluidité relationnelle compte parfois plus que la sophistication de la phrase.
Le piège du vouvoiement excessif
Ah… le fameux “usted”. 😄 Sujet ultra fréquent chez les francophones. Beaucoup d’apprenants utilisent le vouvoiement presque systématiquement :
- avec les commerçants,
- les collègues,
- les voisins,
- les serveurs,
- parfois même avec des personnes jeunes rencontrées dans un contexte détendu.
Parce qu’en français, le vouvoiement est souvent associé au respect, à la politesse ou encore à une certaine distance professionnelle. Mais en Espagne, le tutoiement arrive généralement beaucoup plus vite.
Mais parmi les différences culturelles espagnol français les plus surprenantes, il y a justement le rapport à la distance et à la politesse. Et parfois vouvoyer quelqu’un peut créer une distance un peu froide ou rigide… alors que ton intention était justement d’être respectueux·se.
💡 C’est un point culturel très important :
➡ En France, la distance peut être perçue comme respectueuse.
➡ En Espagne, la proximité est souvent vue comme une marque de chaleur humaine.
Si tu as des doutes à ce sujet, l’article Tutoyer ou vouvoyer: comment s’y retrouver devrait t’aider.
Évidemment, il existe des nuances :
- selon les générations,
- les contextes professionnels,
- les régions,
- et encore plus selon les pays d’Amérique latine, où l’usage de “usted” peut être beaucoup plus fréquent.
Mais malgré tout, beaucoup de francophones gardent un niveau de formalité beaucoup trop élevé… et finissent par avoir l’air “très scolaires”. Et tu sais quoi? Encore une fois, ici, le problème n’est pas ton espagnol. C’est simplement que tu essaies d’interagir avec les codes sociaux français… dans une autre culture.

Pourquoi les francophones paraissent parfois “froids” en espagnol
Là, on touche à quelque chose de passionnant. Parce que beaucoup de francophones ont l’impression “d’en faire trop” quand ils parlent espagnol.
Tu sais, ce moment où tu lis :
“¡Qué maravilla!”
“¡Buenísimo!”
“¡Me encanta!”
“¡Qué ilusión!”
…et où une petite voix intérieure murmure :
“Mais personne ne parle comme ça dans la vraie vie enfin 😅”
Eh bien si! Ou du moins : beaucoup plus qu’en français. L’espagnol, notamment en Espagne, est souvent une langue plus expressive émotionnellement. Les réactions sont plus démonstratives, spontanées. Plus chaleureuses aussi, et parfois même plus théâtrales.
Et du coup, beaucoup de francophones gardent un ton très sobre, neutre et retenu. Résultat ? Ils peuvent paraître distants, peu enthousiastes, et pas impliqués émotionnellement. Alors qu’en réalité… ils sont simplement français 😄
C’est quelque chose que je vois constamment chez les apprenants. Ils ont peur d’exagérer, d’avoir l’air ridicules et de “jouer un personnage”.
Mais voici quelque chose d’important à comprendre :
Tu ne joues pas un rôle.
Tu es simplement en train de parler une langue qui exprime les émotions différemment.
Et souvent, le vrai cap à passer à l’oral est là. Oser mettre :
- plus d’énergie,
- plus de relief,
- plus d’intonation,
- plus de spontanéité.
Parce qu’une langue, ce n’est pas seulement des mots. C’est aussi une manière d’habiter sa voix.
Le piège du “trop bien parler”
Alors celui-là… il bloque énormément de francophones. Parce qu’on nous a souvent appris les langues de manière très scolaire :
- faire des phrases parfaites,
- éviter les erreurs,
- utiliser un vocabulaire “riche”,
- construire des structures impeccables.
Mais les différences culturelles espagnol français ne concernent pas seulement les mots, mais aussi l’énergie et la manière d’exprimer les émotions. Résultat ? Beaucoup d’apprenants parlent un espagnol… grammaticalement correct, mais complètement figé. Or, les natifs ne parlent pas comme dans un manuel. Ils coupent leurs phrases, simplifient, répètent, improvisent, hésitent, utilisent des petits mots du quotidien, et reformulent sans arrêt. Bref : ils parlent vivant.
Et parfois, les francophones veulent tellement “bien parler”… qu’ils oublient simplement de communiquer.
Je vais te dire quelque chose qui va peut-être te bousculer un peu :
Un espagnol vivant avec quelques erreurs crée souvent plus de connexion…
qu’un espagnol parfait mais rigide.
Parce qu’à l’oral, ce que les gens retiennent surtout, c’est :
- ton énergie,
- ton aisance,
- ton naturel,
- ta présence.
Pas ton accord du subjonctif imparfait 😄 Et ça ne veut pas dire qu’il faut parler n’importe comment. Ça signifie simplement qu’à un moment, il faut arrêter de vouloir “réciter son espagnol”… pour commencer à vraiment l’utiliser.
Ces expressions françaises qu’on ne peut pas traduire mot à mot
Et là… terrain miné 😄
Parce qu’il existe plein d’expressions françaises ultra naturelles… qui deviennent franchement bizarres quand on les traduit littéralement.
Par exemple :
“Bon courage”
Le célèbre casse-tête. Beaucoup de francophones cherchent LA traduction parfaite. Mais selon le contexte, un Espagnol dira plutôt :
- “Ánimo”
- “Que te vaya bien”
- “Suerte”
- “Que salga bien”
La traduction mot à mot ne fonctionne simplement pas.
“Ça marche”
On entend souvent :
“Eso marcha” ❌
Alors qu’on dira plutôt :
- “Vale”
- “Perfecto”
- “De acuerdo”
- “Genial”
“On verra”
Le fameux “ya veremos”. Qui, selon le ton, peut parfois sonner comme :
- “probablement non” 😄
- “on en reparlera”
- “je n’ai pas envie de répondre maintenant”.
“Pas de souci”
Très français dans l’esprit. En espagnol, on entendra davantage :
- “No pasa nada”
- “Sin problema”
- “Claro”
Le plus important ici, ce n’est pas de mémoriser des listes. C’est de comprendre une chose essentielle :
Une langue ne traduit pas seulement des mots.
Elle traduit une façon de penser, de réagir et d’interagir.
Parler espagnol, ce n’est pas devenir espagnol
Et je crois que c’est important de terminer là-dessus. Le but n’est pas de renier ta personnalité, ni de “jouer à l’Espagnol”. Il faut simplement apprendre à naviguer entre deux cultures sans traduire ton français mot à mot.
Et souvent, le vrai déclic à l’oral arrive exactement à ce moment-là : quand tu arrêtes de chercher “la phrase parfaite”… et que tu commences à chercher la connexion, la spontanéité et l’intention.
Parce qu’au fond, parler une langue, ce n’est pas impressionner. Au contraire, c’est créer du lien. Et ça, franchement, ça change tout. Comprendre les différences culturelles espagnol français permet souvent de débloquer énormément de choses à l’oral.
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Et on se retrouve très prochainement avec d’autres contenus pour progresser facilement en espagnol depuis chez toi. En attendant, n’oublie pas de passer à l’action et de pratiquer !


